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Bonjour bonjour,

Vous le savez peut-être, ou pas, le manque d’activité sur ce site ces temps est en bonne partie dû à un magnifique petit être qui a débarqué dans nos vies le 30 décembre dernier et qui s’appelle Astrid.

Sur Instagram, vous étiez nombreux à vouloir une version écrite de ce récit alors je tiens ma promesse et voici donc l’article. Je précise avant toute chose qu’évidemment ce que j’écris n’engage que moi et que chaque femme, chaque grossesse et chaque accouchement est différent. Je réponds volontiers à toutes vos questions en commentaires ou en privé. Les commentaires sont modérés, vous pouvez donc écrire votre question et je peux vous répondre en privé si vous le souhaitez sans que votre commentaire soit publié, il suffit juste de le mentionner dans votre message.

J’ai eu l’occasion de réfléchir ces temps à propos de l’accouchement et de ce qui va autour, de la préparation, etc, notamment en échangeant avec plusieurs d’entre vous sur Instagram, qui êtes enceinte, maman ou juste à réfléchir à votre futur.

Je constate – et je ne suis de loin pas la seule, c’est juste plus frappant maintenant que je suis passée par là aussi – qu’il y a une grande peur présente autour de l’accouchement, via les médias, mais aussi la façon dont on transmet nos expériences, etc. Je pense personnellement que cette peur n’a pas tout à fait lieu d’être.

Je pense en effet qu’il est parfaitement normal d’avoir peur de l’inconnu et aussi peur que quelque chose se passe mal, car bien sûr cela peut arriver, mais en fin de compte on a tendance à oublier, ou plutôt on nous fait oublier à nous les femmes que nos corps sont faits pour porter la vie et accoucher. Qu’on s’entende bien, je ne jette absolument pas la pierre à celles qui ont peur et qui choisissent d’accoucher en hôpital avec péridurale ou quoi que ce soit, loin de là.

Le papa et moi avons fait le choix d’être accompagnés par une doula pendant la grossesse, car nous voulions pouvoir justement être informés sur les différents choix possibles, même si nous avions déjà une bonne idée de ce dont nous avions envie pour la naissance d’Astrid. Nous cherchions également un soutien, car nous sommes les deux loin de nos familles, mais aussi un bon accompagnement pour la préparation de notre plan de naissance. Si vous ne savez pas ce qu’est une doula, je vous recommande cet article qui exprime particulièrement bien pourquoi le rôle des doulas est si important. Le destin nous a fait croiser le chemin d’Anne et l’aventure a commencé.

Nous avons d’ailleurs discuté avec Anne l’autre jour de l’importance de la préparation complète du plan de naissance, car certaines femmes préparent uniquement leurs désirs en fonction du scénario idéal, mais n’envisagent pas du tout les autres possibilités et finissent très déçues de leur accouchement si jamais tout ne se passe pas comme elles auraient voulu. Une bonne préparation permet de faire respecter les droits et envies de chacun, mais aussi de définir une place pour chaque personne – on oublie trop souvent les papas par exemple, qui ont déjà souvent de la peine à trouver leur place.

En se préparant bien à l’accouchement et en ne se laissant pas forcément juste flotter au milieu de ce qu’on nous dit le moment venu, alors qu’on est déjà bien dans l’émotion, on devient réellement acteur de son accouchement et pas seulement un genre de spectateur passif. Ça donne une possibilité de contrôle et – en tout cas ça l’a été pour moi – c’est hyper gratifiant à la fin.

Voilà une toute petite introduction pour la préparation à l’accouchement, je passe maintenant au récit du mien…

Nous avions comme projet une naissance à la maison de naissance du Petit-Prince. Nous voulions si possible une naissance naturelle, non médicalisée et dans un environnement calme. Non seulement par conviction que c’était ce qu’il y avait de mieux, mais aussi car les hôpitaux sont des environnements bruyants et un peu agressifs pour quelqu’un d’autiste comme moi.

Le suivi de la grossesse s’est fait auprès des sage-femmes de la maison de naissance à partir environ du milieu de la grossesse, après que nous avons visité la maison de naissance et qu’on a pu poser toutes nos questions et confirmer notre choix (si cela vous intéresse pour vous, renseignez-vous auprès de la maison de naissance la plus proche de vous, il y a régulièrement des visites organisées, vous pourrez ainsi poser toutes les questions que vous avez. Il est aussi possible de commencer le suivi dès le début de la grossesse). Cela a d’ailleurs fait partie de notre préparation aussi, en quelque sorte.

Le terme était prévu au 23 décembre et la petite puce nous a fait tourner en rond un bon petit moment. Cette attente est terrible, surtout avec les messages des proches qui viennent prendre des nouvelles… Mais on a essayé de profiter un maximum avec le papa d’être juste dans notre bulle, on a fait Noël à deux au calme, c’était chouette.

Finalement, le samedi 28 nous nous sommes mis au lit en regardant une vidéo sur l’iPad et je me suis endormie vers minuit. Environ 2 heures plus tard, je me réveille comme souvent la nuit pour aller faire pipi et je constate que papa est toujours réveillé, je lui dis qu’il devrait dormir, ce n’est pas raisonnable… Puis en me recouchant, je sens les contractions arriver, je constate qu’elles sont régulières donc il se passe probablement quelque chose. Là, je dis à papa qu’il devrait vraiment dormir, car “it’s go time” et il faut qu’il se repose tant qu’il peut. Il a dit “ok”, s’est retourné et s’est endormi, je ne sais pas comment il fait…

J’ai somnolé jusqu’à 4h40 environ, et les contractions ont augmenté d’un cran d’intensité et j’ai alors réveillé papa, car je ne gérais plus toute seule. Il s’est donc levé, nous avons fini de préparer le sac et nous avons appelé Anne, ainsi que la maison de naissance pour prévenir que le travail avait commencé. Nous voulions rester un maximum à la maison, dans notre environnement. Anne est arrivée autour de 5h30 et nous sommes restés au salon à discuter, jouer du ukulélé, faire un massage avec le foulard rebozo, … Nous avons aussi fait une sieste à un moment (tenté pour moi). C’était vraiment une chouette journée, toute calme. On a l’impression d’être un peu hors du temps. Je l’ai particulièrement ressenti lorsque nous sommes sortis pour marcher un peu et essayer de faire avancer les choses. On croisait des gens qui vivaient leur journée sans se douter que dans mon corps il était en train de se passer quelque chose d’extraordinaire.

Après cette marche (150m en 30 minutes hein, rien de bien extraordinaire), les contractions se sont encore intensifiées et j’ai ressenti le besoin d’aller à la maison de naissance pour contrôler l’état des choses, juste pour avoir un genre de checkpoint, même si je savais qu’on était encore loin du but.

Nous sommes donc aller faire un monitoring et le col n’était pas encore tout à fait effacé mais presque, et à peine ouvert. Nous sommes donc rentrés, comme je m’y attendais. Il était alors autour de 18h.

Nous avons à nouveau tenté de dormir un peu, les contractions toujours en crescendo et vers 23h nous sommes retournés à la maison de naissance. Là, contractions plus rapprochées, plus intenses, col totalement effacé mais toujours seulement à 1-2cm. On me propose de rentrer de nouveau et de prendre un bain, mais voilà, mon pire ennemi était arrivé: la peur. La peur est venue s’infiltrer à cause de la fatigue qui l’a laissée entrer. Je n’avais pas peur de la douleur en soi, mais de ne plus arriver à gérer mes contractions car j’avais juste besoin de me reposer. J’ai envisagé plusieurs fois de laisser tomber et de demander un transfert l’hôpital pour avoir une péridurale juste pour pouvoir dormir un moment. Finalement, j’ai pris un bain, un long bain, à la maison de naissance, dans cette salle de naissance et cela m’a permis de me détendre et de somnoler un peu. Papa a pu dormir aussi sur le lit à côté. La vapeur a aidé à dégager mes sinus qui étaient congestionnés à cause de la grossesse, j’arrivais mieux à respirer et j’ai pu gérer mes contractions en silence et très calmement dans ce bain. Il y avait aussi un genre de coussin d’allaitement flottant qui a été mon meilleur ami durant cet accouchement. Finalement, un peu avant 4h, je me réveille et je discute avec la sage-femme, j’allais mieux car un peu reposée, mais j’avais toujours peur. Elle me dit qu’elle n’est pas très optimiste, car pour que le col se modifie il faut des contractions très fortes pendant longtemps et que ça n’a pas semblé être mon cas durant le bain. Elle m’examine quand même et là, surprise, je suis à 6-7cm. J’ai fait le plus dur dans le bain.

On réveille papa, boots de motivation pour moi, on sort du bain et on essaie de se mettre dans des positions pour favoriser la descente de bébé. J’ai finalement opté pour l’assise sur la chaise maya pendant un bon moment, j’ai aussi été debout, appuyée sur papa pendant que la sage-femme me massait le bas du dos. C’était pour moi la partie la plus difficile, j’ai aussi vomi à un moment, mais je savais que c’était normal. Je suis vraiment reconnaissante d’avoir pu faire ça dans un environnement calme, peu éclairé, qui sentait bon les huiles qu’on avait mises dans le bain, avec les personnes que j’avais choisies. Anne me donnait de l’eau et un peu à manger pour pouvoir garder des forces, sa présence m’a beaucoup aidée à rester calme.

Puis, je suis retournée dans le bain, et rapidement j’ai ressenti le besoin de pousser, mais je n’étais pas sûre si je pouvais. Mes doutes se sont rapidement envolés car je ne pouvais pas m’empêcher de le faire et de plus en plus fort. Entre deux, il y a eu changement de sage-femme et lorsque la nouvelle est arrivée, elle m’a examinée et a constaté que bébé était en effet en train de se présenter et qu’elle devait appeler une collègue pour l’aider. J’ai commencé à pousser sur le côté, puis à genoux avec les mains sur les bords de la baignoire. Je sentais bien la progression de bébé et ça m’aidait beaucoup à me motiver. On ne m’a pas expliqué comment pousser, on m’a juste laissé faire. Je ne sais pas combien de temps ça a duré, mais je sais que ça n’a pas été très long. Puis, à 7h35, Astrid est arrivée. Elle était du coup toute propre, a crié tout de suite et s’est calmée et rassurée dans mes bras avec le linge chaud qu’on a posé sur elle. On a pleuré beaucoup (surtout papa), on est restés un moment là à profiter du moment, puis on est sorties de la baignoire, elle toujours accrochée à moi, pour se mettre sur le lit, en peau à peau, papa à côté. On a attendu que le cordon ne pulse plus, papa l’a coupé, le placenta est sorti peu après. On est restés un bon moment comme ça les 3, le jour s’est levé, c’était magique. Les examens ont été faits sur le lit, à côté de nous, puis on a été accompagnés dans notre chambre et l’aventure a commencé là.

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