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Bonjour bonjour,

Comme je vous l’avais expliqué dans un long article il y a quelques temps, je suis autiste. Je me classe dans ce qu’on appelait le syndrôme d’Asperger. Je continue de me renseigner petit à petit pour mieux me comprendre et pour essayer de m’adapter et faire face aux difficultés.

Depuis cet article, j’ai reçu plusieurs commentaires ou questions auxquels je voulais répondre aujourd’hui. N’hésitez pas si vous en avez d’autres, je suis toujours ravie de pouvoir partager avec vous.

“Ah, tu es autiste? On dirait pas. Tu le caches bien”

Je tente de pouvoir m’adapter, mais je ne le cache pas ou pas volontairement. Certes, une des caractéristiques de l’autisme, en particulier chez les filles, c’est qu’on a beaucoup tendance à copier les autres. Pour beaucoup de choses, j’ai de la peine à créer de moi-même, je tente de faire comme les autres, pour comprendre ce qui se fait ou ne se fait pas dans tel ou tel contexte. Je le fais toujours au quotidien.

Après, me dire “on ne dirait pas que tu es autiste”, c’est souvent voulu comme un genre de compliment, mais en fin de compte c’est un peu me dire “on ne dirait pas que tu es toi”. Qu’on le remarque ou pas, je suis autiste et c’est comme ça. Et même que je m’aime bien (du moins j’essaie).

“Quelles sont les réactions des gens quand tu leur en parles?”

Ca dépend beaucoup de ceux avec qui j’en parle et à quel point j’ai le temps d’expliquer de quoi il s’agit ou pas sur le moment. Souvent les gens ont des réactions du type “on dirait pas” comme dit avant, ou alors sont assez compréhensifs, mais en fin de compte ils ne disent pas grand chose. Peut-être parce qu’ils savent déjà ou simplement (et c’est le plus agréable) ils continuent d’interagir avec moi comme ils l’ont toujours fait même s’ils ont cette information en plus. Parfois, ils ont une réaction de type “je te crois pas” ou “on est tous un peu autiste”, et ça c’est un peu énervant. Je vous en reparle un peu plus en bas. Vous pouvez voir 2 vidéos ICI et ICI qui sont assez courtes, surtout la première et qui vous explique comment ne pas réagir quand quelqu’un vous dit qu’il/elle est autiste.

“Comment est-ce que tu gères ça au quotidien et quelles sont les stratégies que tu mets en place pour mieux comprendre les autres?”

Je ne pourrai probablement pas faire une liste exhaustive ici dans ce post, mais comme je l’ai dit une de mes stratégies c’est la copie du comportement. En fait de manière générale je fonctionne vraiment comme un ordinateur en me construisant une base de données que j’utilise pour essayer de réagir correctement à chaque situation. Comme je l’avais dit dans mon premier article, j’ai des règles dans la tête de type “si…. alors”. C’est pour ça que mon autisme est moins visible maintenant que je suis adulte, car ma base de données ne fait que s’agrandir. C’est aussi pour ça que je préfère toujours rester dans un environnement familier, parce que  me retrouver dans une situation nouvelle me demande beaucoup d’effort et me stresse. Au quotidien, j’ai tendance à avoir beaucoup de rituels (qui ne sont pas pareils à ceux que quelqu’un qui souffre de TOCs aurait) qui me rassurent. Je suis aussi souvent discrète, de peur de dire une bêtise.

“Ca te soûle pas les gens qui ne croient pas que tu sois autiste juste parce qu’eux ont quelques signes et ils pensent que c’est juste des traits de caractère?”

Si, beaucoup. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’en l’occurrence on parle de syndrome d’Asperger. La définition d’un syndrome, c’est un ensemble de symptômes. Ces symptômes ne sont pas forcément uniques à ce syndrome, mais le fait que ceux-ci en particulier soient réunis constitue ce syndrome. Ce n’est pas parce qu’une personne est dyspraxique qu’elle est Asperger, ou parce qu’elle aime les rituels. C’est un peu comme si on comparait ça à la cuisine. On met de la viande hachée dans la bolognaise, mais ce n’est pas parce qu’un autre plat contient de la viande hachée que ce sera forcément de la bolognaise. La bolognaise n’en est une que s’il y a des oignons, de l’ail, des carottes, de la viande, des tomates, des herbes. Dire qu’on est tous un peu autistes, c’est comme si un hachis parmentier ou des poivrons farcis disaient “on est tous un peu bolognaise”, ça n’a pas de sens.

“Est-ce que tu as été diagnostiquée pour autre chose avant d’en arriver au spectre autistique?”

Je n’ai pas été diagnostiquée officiellement pour autre chose avant, mais je savais qu’il y avait quelque chose. Que ce soit au niveau de l’anxiété sociale ou la dépression. Il semble que beaucoup de personnes qui ont été diagnostiquées tard sont passées par d’autres diagnostics avant le spectre autistique.

“Est-ce que ça a un rapport avec le gluten? J’ai lu que ça pouvait atténuer certains symptômes”

Non, ça n’a aucun rapport avec le gluten (ou les vaccins, pendant qu’on y est).

“On m’a dit que les autistes se mettent souvent en couple avec les neurotypiques pour qu’ils les raccrochent au monde réel”

(ndlr: Neurotypique, abrégé NT, est un terme créé par la communauté autistique pour qualifier les gens qui ne sont pas atteints par des troubles du spectre autistique. Cependant, le terme est devenu au fil du temps un mot désignant toute personne sans différence neurologique.)

J’ai testé les deux et il y a des avantages et des inconvénients aux deux. L’avantage avec quelqu’un d’autiste, c’est que si les intérêts sont partagés, on pourra passer des heures à faire ces activités ensemble sans jamais se lasser. On préférera les deux avoir une routine et on privilégiera la maison aux sorties. On se comprend… dans une certaine mesure. Le soucis c’est qu’on a chacun nos opinions, nos rituels et nos façons de faire bien spécifiques et si elles diffèrent, ça pose vite problème. Avec quelqu’un de neurotypique il faut trouver quelqu’un de suffisamment patient et qui saura s’adapter. Les attentes doivent être réalistes par rapport à ce qu’on peut offrir. Je ne saurais pas dire si je me mets en couple avec quelqu’un de neurotypique spécialement pour me raccrocher au monde réel. Je crois que j’ai plus tendance à chercher quelqu’un qui partagera mon expérience (et pourtant je suis avec un NT pour le moment et ça se passe très bien!). En tout cas c’est comme ça que j’ai toujours fonctionné, je pense que c’est simplement plus rassurant, même si ça peut avoir un mauvais revers.

 

Voilà mes réponses, j’espère que ça pourra vous aider! N’hésitez pas à me poser d’autres questions, j’y réponds volontiers!

A bientôt

 

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